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Patriarche inspiré, Granmoun Lélé
est l'un des musiciens les plus célèbres de La
Réunion. Fidèle à la tradition, il joue un
Maloya proche de celui des origines, basé sur les voix et
les percussions. Une musique dont l'essence est spirituelle,
où les esprits viennent danser entre les notes. En 1977,
Julien Philéas (alias Granmoun Lélé) fonde son
groupe dans lequel jouent sa femme, la plupart de ses enfants et
divers membres de sa tribu. Dans les années 70, la vie est
dure dans les territoires d'outre-mer sous domination
française. Les allocations familiales, les salaires ne sont
versés que tous les trois mois. Quant à la culture
indigène, elle est sévèrement
réprimée. Le Maloya (chant de révolte des
esclaves et de leurs descendants) a été interdit par
décret en 1946 et se pratique presque dans la
clandestinité car cette musique est devenue l'un des fers de
lance des indépendantistes. Revendiquant haut et fort ses
racines africaines, Granmoun Lélé a
réalisé trois Cd de chants de transe vaudou et a
fondé sa propre église. Pour les musicologues
érudits, sa musique est un mélange traditionnel
d'influences venues de Zanzibar, du Mozambique, de Somalie, de
Madagascar voire parfois même du Congo ou du Cameroun. Mais
elle est profondément et avant tout réunionnaise. Son
talent l'a imposé d'emblée sur les scènes
internationales. En 1996, il est à l'affiche des vingt ans
du grand festival Le Printemps de Bourges et a joué lors du
prestigieux concert donné à Paris le 26 avril 1998
pour célébrer l'abolition de l'esclavage. Sur son
île, il est une vraie star. Auteur-compositeur, il a
écrit plus de 200 chansons (qui parlent de la vie de tous
les jours et sont connues de presque tous les Réunionnais)
et il écume les scènes depuis près de 30 ans.
Grand spécialiste de "Services Kabaré",
cérémonies malgaches où l'on chante et danse
toute la nuit, Granmoun Lélé est un grand
sorcier.Aprés trois années de lutte contre de graves problèmes rénaux, Granmoun s'éteint le 14 novembre 2004 à l'âge de soixante-quatroze ans. Deux jours plus tard, au rythme du maloya, plus de 2000 personnes ont suivis ses obséques dans sa ville de Saint-Benoît.

